Publications 2011

 

Patrick Vallélian (Prix de la presse)

„Cyberwar: La Suisse désarmée”, „André Kudelski: L’armée doit former des cyberdéfenseurs”, L’Hebdo

L'Hebdo

Il y a plus d’un an, les révélations de Wikileaks, relayées par la suite par les grands médias, ont mis dans l’embarras bien des gouvernements ou des multinationales. Et dévoilé au grand jour leurs failles en matière de verrouillage dans la Toile. Preneurs de pouls de la société, c’est donc, logiquement, la thématique de la „cyber-sécurité” que nombre de journalistes, ayant soumis cette année leurs travaux au regard du jury du Prix Bedag, ont choisi de traiter.

Parmi eux, Patrick Vallélian qui, en décembre 2010, publiait dans le magazine L’Hebdo un article intitulé „La Suisse désarmée”. On y apprend que le 22 octobre 2009, le système de sécurité du Département des affaires étrangères s’affole, piraté par un ver informatique à l’appétit particulièrement vorace. Une attaque minutieuse, professionnelle, qui ressemble fort à un acte d’espionnage. De ces hackers aguerris, il ne filtrera rien, mais là n’est pas l'essentiel. L’enquête démontre qu’il n’existe à Berne aucune unité chargée de la cyber-défense de données pourtant vitales au pays, aussi bien dans le domaine de la politique que de l’économie. Inquiétant…

Quelques mois plus tard, le journaliste complète cette enquête sur la cyber-guerre en interrogeant le patron du groupe Kudelski, notamment actif dans la sécurité informatique. C’est donc l’ensemble de ces deux articles que le jury salue, tant pour l’originalité des informations, issues du témoignages de nombreux intervenants, que pour la qualité d’écriture.


Mirjam Fonti (Mention spéciale)

„Lukas B.: Porträt eines unvorsichtigen Internetnutzers”, Saldo

Saldo

Les dangers auxquels s’exposent les personnes étalant leur privée sur Internet ont déjà fait couler beaucoup d’encre. Or le travail de Mirjam Fonti ne se contente pas de décrire les risques encourus dans ce cas, mais il aspire à en faire la démonstration à l’aide d’un exemple réel: cet exemple s’appelle Lukas B. et vit dans le canton de Soleure.

L’auteure ne connaît pas personnellement cet homme. Néanmoins, elle est en mesure de révéler bien des choses sur sa vie. Elle sait par exemple qu’il est enseignant, qu’il aime bricoler, que ses destinations de vacances préférées sont Laax et la Crète, q’il a fêté ses 40 ans avec des amis, qu’il a quitté sa compagne Sara pour Sabrina, une jolie blonde de 22 ans, etc.

Les informations dispersées en ligne par Lukas B. sur différentes plateformes sociales permettent à Mirjam Fonti de relater dans les moindres détails la vie privée de ce citoyen jusque-là intègre, grâce à une simple recherche sur Google. Son article se termine par de précieux conseils sur les manières dont chacun peut protéger sa vie privée sur Internet. Ce travail a valu à Mirjam Fonti une mention spéciale de la part du jury.


Guido Berger (Prix radio)

„Das Kabel in Madagaskar”, Doppelpunkt, SRF

DRS

En Suisse, le „large bande” est désormais considéré comme acquis: A l’ère des natifs du numérique, une vie sans Internet à haut débit est devenue inimaginable. Pourtant, il n’en est pas ainsi partout. Le reportage de Guido Berger a le mérite de rappeler cet état de fait en emmenant les auditeurs à Madagascar, où la récente installation de deux fibres optiques sous-marines fait la promesse suivante: faire profiter les 20 millions d’habitants de l’île d’une connexion à large bande à des prix accessibles.

Dans son reportage, Guido Berger aborde de façon compétente à la fois la dimension technologique, en proposant à son auditeur une visite guidée de la centrale gérant le câble sous-marin, et la dimension sociale, en présentant les avantages potentiels du haut débit dans la communication de données au sein d’une société dans laquelle l’utilisation d’Internet reste un luxe réservé à une petite minorité.

Des voix, des sons et des histoires rassemblés directement sur place viennent enrichir le reportage de Guido Berger, ce qui permet à l’auditeur de se plonger pendant cinquante minutes dans une dimension technologique oubliée sous nos latitudes depuis une vingtaine d’années.


Bruno Bonometti (Prix télévision)

„Hochfrequenz-Handel HFT”, ECO, SRF

SFR ECO

Récemment, nous avons tous vu qu’il était possible de perdre des milliards en bourse en faisant des transactions risquées. Mais ce n’est pas toujours une personne en chair et en os qui se cache derrière ces transactions. De nos jours, les ordinateurs négocient également en bourse. Ils le font de manière autonome et plus rapide qu’une personne ne pourrait le faire. Ce monde dans lequel nous transporte Bruno Bonometti et son équipe dans son reportage „Hochfrequenz-Handel HFT” pour le magazine économique ECO s’intitule „Transactions haute fréquence”. L’univers qu’il nous présente est à la fois fascinant et effrayant. Il existe donc des ordinateurs qui inventent eux-mêmes les règles de transactions nécessaires selon la simple devise suivante: ce qui fonctionnait bien auparavant devrait normalement également bien fonctionner à l’avenir. Je dis bien „normalement”, car parfois cela ne fonctionne pas et cela crée des ventes panique numériques entre les ordinateurs. Même dans ce cas, les ordinateurs sont plus efficaces que les personnes. Alors qu’un courtier a besoin de cinq heures environ pour vendre un titre d’une valeur de 4,1 milliards de dollars, un ordinateur a réussi à le faire en 20 minutes en mai de l’année passée. Cet ordinateur efficient a ainsi provoqué un crash boursier moyen. Maintenant, on discute des règles légales pour de tels systèmes.

Le reportage se penche sur un thème passionnant jusqu’à présent encore peu connu et également compréhensible pour les novices. Un spécialiste de l’Université de Bâle explique pourquoi les ordinateurs peuvent, par exemple, se monter la tête mutuellement. Le responsable de la bourse suisse souligne, quant à lui, les avantages du négoce par ordinateurs et explique pourquoi il doit également proposer de telles solutions aux banques et aux fonds d’investissement en Suisse.

Le reportage est équilibré et montre aussi bien les côtés positifs que négatifs, sans pour autant être froid et ennuyeux. Bien au contraire. L’équipe de Bruno Bonometti est, par exemple, la première équipe télévisée à avoir réussi à obtenir une autorisation de filmer dans le sanctuaire des transactions haute fréquence de la bourse suisse. Le reportage a été tourné dans le centre de calcul secret situé dans le quartier de Zurich Ouest, ce qui est mis en scène en conséquence: coulisses futuristes, portes métalliques et contrôles d’accès par contour de la main.

Conclusion: le reportage est divertissant, instructif et passionnant. C’est pourquoi le jury lui a décerné le prix Eugène 2011 dans la catégorie Télévision. Félicitations!


Canton de Schaffhouse (Prix E-Government)

Kanton Schaffhausen

Une certaine homogénéité s’étant très progressivement mise en place sur les différents sites Internet des cantons, la donatrice du prix avait en définitive décidé d’utiliser des prestations E-Government centralisées particulières et représentatives comme mesure de référence. Dans un premier temps, le choix s’était porté sur la prestation de la déclaration d’impôts électronique; ensuite la question avait été posée de savoir s’il était possible de remplir une demande de permis de construire en ligne et de la mener à terme de manière efficace.

Cette année, une recherche minutieuse et spécifique a été effectuée pour savoir s’il était possible de procéder à une mise en poursuite au moyen du web. A l’exception du canton du Valais, tous les cantons offrent cette possibilité. Le canton de Schaffhouse constitue quant à lui une exception d’un tout autre genre puisqu’il marque des points sur toute la ligne, depuis les informations saisies au tout début, au contrôle effectué par les différentes instances spécialisées, et jusqu’à la réquisition en continuation de la poursuite. L’évaluation a, entre autres points forts, mis en évidence ces points forts spécifiques:

  1. La recherche s'effectue rapidement au moyen de moteurs de recherche courants.
  2. L’utilisateur trouve rapidement ses marques sur la page du site.
  3. L’aide proposée est en rapport direct avec le contexte. Le déroulement d’une poursuite est présenté sous la forme d’un schéma dont chacun des éléments renvoie à des explications ainsi que, sous forme de lien, au texte de loi correspondant.
  4. Les informations saisies peuvent être sauvegardées pour une réutilisation ultérieure.
  5. Les coordonnées de contact qui réapparaissent sur chaque nouvelle page sont un avantage permettant de prendre directement contact avec l’office cantonal des poursuites.

Le canton de Schaffhouse occupe également la première place pour ce qui est „points faibles”, ici au nombre de deux, ce qui représente le nombre de points faibles le plus bas, comparé à une moyenne de cinq pour l’ensemble des huit cantons arrivés en phase éliminatoire.

Il faut encore mentionner que le canton de Schaffhouse a déjà été lauréat de l’Eugène en 2003. Il a donc su rester au niveau. Sincères félicitations!


 

Prix des médias Eugène

Les lauréats depuis 1998